Batigère et le duo day

Florence, Sabrina et Coralie
Publié le  dans diversité
Le DUO DAY, événement national lancé en 2006, a pour objectif de créer la rencontre des personnes en situation de handicap avec le monde professionnel.

Cette journée offre un double but :
- d’une part, faire découvrir à ce public une entreprise, un secteur d’activité,
- d’autre part, sensibiliser cette même entreprise au handicap en faisant découvrir les personnes sous l’angle de leurs compétences.

Soutenue par le secrétaire d’État en charge des personnes en situation de handicap, cette journée s’inscrit comme une véritable expérience inclusive pour les participants.

Cette journée s'est déroulé le 26 avril dernier au sein de la société Batigère.

Découvrez ci-dessous, les impressions de Florence Strang, responsable formation et gestion des emplois chez Batigère..

"Ce 26 avril 2018, Coralie et moi avons accueilli Sabrina pour une demi-journée d’échanges et de découvertes autour d’une personne, d’un projet, d’une envie. Mais il est passé où le handicap ?

Secrétaire médico-social en devenir, maman d’une petite fille de 10 mois tellement attendue, Sabrina s’est mise au service des personnes âgées et des malades au cours des 9 dernières années de sa vie professionnelle.

Elle parle de ces années-là avec sérénité et avec une profonde bienveillance pour les personnes dont elle s’occupait, bienveillance confirmée par son ton doux et calme et par son regard franc ni insistant, ni intrusif. De la pénibilité de ce métier d’auxiliaire de vie, il ne sera rien dit, sauf quand elle évoque ce qui l’a fait quitter, un licenciement pour inaptitude suite à une importante problématique de dos, assez courante chez les soignants et qui lui a valu une Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé.

Et puisqu’il faut faire « bouillir la marmite », qu’elle n’envisage pas sa vie sans relations avec autrui, que dans un passé pas si lointain, elle a obtenu un BEP comptabilité et un titre professionnel de secrétaire assistante, elle envisage sa reconversion professionnelle dans une activité administrative.

A l’écoute des gens, mais aussi du marché de l’emploi, elle se rend compte rapidement que son niveau de formation n’est plus suffisant pour prétendre à une embauche, d’autant que son expérience professionnelle passée est dépassée… Alors il faut se reformer, et vite, en engrangeant le plus d’informations possibles, le plus de compétences possibles, le plus de conseils possibles, en conciliant ce qu’elle est et ce qu’elle a fait.

Et elle écoute véritablement Sabrina, elle absorbe même, comme un buvard. Elle répond le plus simplement du monde à nos questions, sans faux-semblant, consciente qu’elle a tout à gagner de nos remarques et de nos interrogations, ses réponses l’obligeant finalement à éclaircir sa route.

Pour nous ce fut un exercice agréable, empreint d’attention mutuelle, d’empathie, la fluidité de nos échanges nous a permis d’aborder divers domaines et de constater, au travers de ses dires et de l’évocation de ses actions en tant que vice-présidente d’une association d’aide auprès d’un orphelinat de Madagascar, combien la notion d’aide, d’entraide, de service aux autres est importante pour elle et que ce n’est pas un hasard si dans ses choix figurent l’assistanat de direction et l’assistanat rh.

Au cours de ces deux heures d’un entretien pas si classique, et au-delà de remplir une obligation d’emploi de travailleurs handicapés, nous mesurons tout le bénéfice à échanger avec les personnes concernées en dehors de tout enjeu de recrutement.

Il est courant actuellement de vouloir « faire vivre des accords » ; notre objet social, nos pratiques, notre Responsabilité Sociale d’Entreprise, notre « hangagement » dans les labels égalité et diversité nous incitent à être à l’écoute et à être acteurs de ces enjeux sociétaux. Nous pourrions aussi tout simplement dire que nous voulons « faire vivre une relation humaine ». Et que nous espérons pouvoir la faire vivre dans nos services, par-delà les murs des Ressources Humaines.

Alors, voilà Coralie et moi avons Reconnu les Qualités d’une Travailleuse Handicapée.

CQFD non ? "